Swinging Bellefontaine

Un film qui swingue sur Bellefontaine – Entretien avec Nicolas Simon paru dans La Dépêche

Swinging BellefontaineLe réalisateur Nicolas Simon va présenter le 5 avril le film «Swinging Bellefontaine», un documentaire sur le quartier, les jeunes, le jazz et Glenn Ferris.

Le réalisateur Nicolas Simon va présenter le 5 avril au Centre méridional d’architecture son film «Swinging Bellefontaine». Ce documentaire raconte la vie du quartier qui s’articule autour du camion à hambuger ouvert par Yves et ses amis au pied des immeubles et la rencontre de ces jeunes toulousains avec le tromboniste de jazz Glenn Ferris. Entretien.

Comment est né le projet «Swinging Bellefontaine» ?

 J’avais réalisé un autre film il y a dix ans sur la rencontre entre Glenn Ferris, Yves et ses amis alors au collège. De retour d’un voyage, je dîne avec Guy Ould-Yahoui, leur ancien instituteur, qui me dit avoir croisé Yves quelques jours auparavant. «Vous souvenez-vous de cette journée avec Glenn Ferris ?» lui demande-t-il. Le tromboniste jouait quelques semaines plus tard à Toulouse. Un nouveau film s’imposait.

Vous vouliez réaliser un film plutôt sur le jazz ou sur le quartier ?

 Beaucoup d’improvisation pendant le tournage, en ce sens le film a un côté jazz. L’équipe, cadre, son, a été parfaite. Ça parle de jazz mais «Swinging Bellefontaine» c’est aussi la chronique d’un quotidien dans le quartier de Bellefontaine à Toulouse. Avec Yves, Aïssa, Ayoub, Kader et les autres, tous réunis autour de leur snack aux pieds des immeubles. Yves, ex-joueur de foot au TFC, a ouvert avec Khaled ce camion à hamburger devenu Le passage pour tout le quartier. C’est quand même, quand on y pense, au top de la tendance un food truck à Bellefontaine, bien avant l’essor actuel en France de ce type de restauration que l’on connaît bien à New York. C’est un lieu unique où l’on vient parler du prochain match de l’équipe de foot du quartier, des résultats de la Ligue 1 mais aussi de jazz donc et de Glenn Ferris qu’ils connaissent depuis dix ans grâce à Guy.

– Comment associe-t-on des musiciens comme Glenn Ferris ou Kid Loco à ce projet ?

Glenn c’était naturel car il fait partie de cette histoire. On connaît l’immense musicien qu’il est. C’est en plus une belle personne. On le sent ému par ces retrouvailles dix ans plus tard. Lui qui joua, plus jeune, avec Zappa et qui maintenant est un grand du jazz parle d’impro avec Yves et ses potes, c’est un beau moment. Kid Loco a une culture musicale immense et c’est un excellent musicien et compositeur. On se connaît depuis pas mal de temps, je savais qu’il pourrait traduire musicalement ce que je voulais pour le générique de fin.

– Comment allez-vous faire vivre votre film ?

 Il est passé sur TLT qui a coproduit le projet. D’autres chaînes sont intéressées pour le diffuser maintenant. La région nous aussi soutenus. C’est dans les festivals que le film vit maintenant. Un peu partout. Et c’est plutôt sympa de démarrer la route des festivals ici à Toulouse, où le film a été tourné, dans le cadre du festival FReDD (Film, Recherche et Développement Durable).

 – Quels sont vos autres projets ?
 J’ai commencé un film sur le guitariste de tango Ciro Perez qui fait partie de l’histoire de la musique populaire du Rio de la Plata. On connaît son immense succès avec Alfredo Zitarrosa et sa collaboration avec le maestro Roberto Grela. Ils joueront avec les plus grands : Edmundo Rivero, Rodolfo Mederos, Toto Rodrigez, Dino Saluzzi. Ciro est la référence pour beaucoup de musiciens de tango. Un court-métrage est aussi prévu cet été et un road movie en Andalousie est en préparation. Côté musique, j’ai créé un label avec deux amis et nous sortons en mai le nouveau disque de Dias, véritable star au Niger, qui débarque en Europe. Sortie mi-mai avec le soutien d’Agnès b. Le film sera présenté le 5 avril à 17 heures au Centre méridional de l’architecture et de la ville.


Propos suscités par Sébastien Marti Article paru dans La Dépêche du 03/04/2013
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